Texte de Pierre-Olivier Dolino, délégué général de la Fédération de l’Entraide Protestante tiré de La Boussole.

Pâques : des mots sur les maux
L’absence, la séparation ou le deuil conduisent souvent à la tristesse, parfois même à la peur : la peur du vide.
Ainsi les femmes au tombeau redoutent-elles l’absence, car le corps a disparu. Incompréhension, stupéfaction, doute… rien n’arrête l’imaginaire. On sait combien le deuil est difficile quand le corps n’a pas été retrouvé.
Inversement, après un décès, j’apprécie que, dans la tradition protestante, le culte d’action de grâce soit célébré sans le corps déjà inhumé ou incinéré – car c’est aux vivants que l’on s’adresse.
Rien ne comblera jamais le vide laissé par celui qui n’est plus là. Et c’est peut-être une grâce. Car si ce vide venait à disparaître, le souvenir lui-même s’éteindrait.
L’absence est la trace vive de l’amour. Elle dit, silencieusement, combien l’autre a compté. Nos souvenirs ne comblent pas le manque, ils rappellent avec force la puissance de l’amour ou de l’amitié qui nous unissait. La blessure demeure. Le temps ne l’efface pas ; il l’apprivoise, doucement, en mettant une distance supportable.
Les femmes ont fini par parler – sinon, comment l’histoire nous serait-elle parvenue ? Elles ont su mettre en récit, en mots, ce qui leur arrivait pour le surmonter et nous le transmettre.
Peut-être est-ce là un chemin pour nous aussi : traverser le deuil en le racontant, faire de l’absence une parole.
Pierre-Olivier Dolino, délégué général de la Fédération de l’Entraide Protestante

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